Poursuivant une tradition vieille … de 15 jours, j’écris cette note depuis l’avion, a ceci près que cette fois l’avion est celui de la fin du voyage et de notre retour en France…
Pour nous épargner une fin de blog trop nostalgique, on remercie tout de suite ceux qui nous ont aidé à voyager (à la Réunion, à Toulouse), ceux qui nous ont suivi derrière leur écran d’ordinateur, et on salue aussi tous ceux qu’on a croisé pendant ces six mois et qui peuvent déjà nous réserver une chambre, un canapé, une place de camping ou une planche de fakir, parce qu’on ira les voir !
Sinon, loin de terminer le voyage en roue libre, ces deux dernières semaines en Chine ont été peut-être les plus excitantes du périple. Pékin a même réussi le tour de force de nous réconcilier à la fois avec la Chine, les Chinois, et même - mais pas tout le temps - avec leur cuisine !
D’abord, il y a la ville en elle-même, qui est tout a fait incroyable. De la même façon qu’à Hollywood on avait eu l’impression de se retrouver dans un film, à Pékin, on était comme plongés dans un manuel d’Histoire. Pour ceux qui l’ont pas lu, il y a bien sûr des sites incontournables, mythiques : la cité interdite, la place Tien an Men, les palais d’été, le temple du ciel…. Comme on a pris le temps de visiter tous ces lieux avec un guide audio aux oreilles, les dynasties Ming, Tsing et les arcanes de la cour impériale n’ont plus de secrets pour nous, et on vise le podium sur un prochain trivial poursuit !
Entre deux visites, on a aussi passé des moments très sympas en allant nous balader dans les nombreux parcs de la ville. Bien sûr, on y a admiré les jardins à la Chinoise, mais on y a surtout passé pas mal de temps à observer les innombrables activités de fin d’après-midi des pékinois.
En premier lieu, les Chinois sont extrêmement joueurs et squattent tous les bancs des parcs à jouer aux cartes, aux dominos chinois ou au ma-jong – dans un pays d’1,3 milliards d’habitants, comment tu veux trouver un banc de libre ? a fort justement remarqué Magali dans une réplique à la Audiart.
Mais le plus rigolo est ailleurs, dans les activités physiques improbables pratiquées à la tombée du jour à côté des traditionnels badminton et Tai-chi : gym tonic, curieux tennis-ballon à volan, danse avec un ruban … jusqu’à la très curieuse marche à reculons, censée oxygéner le cerveau ! En tout cas, on a trouvé excellent le concept de se retrouver entre amis pour faire du sport et on lance dès septembre un rendez-vous quotidien « les amis des pas chassés » sur les berges de la Garonne.
Bref, un peu plus tard, on a
aussi vécu une journée magique en allant marcher sur la grande muraille, dans
une de ses portions encore préservée du tourisme de masse chinois - quand on a
aperçu le dénivelé qui nous attendait, on a compris pourquoi… Mais pour nous,
cette marche aura aussi constitué notre ultime entraînement au vu de la
deuxième semaine qui nous attendait : on se prépare pas pour les jeux
olympique en buvant du thé au jasmin !
Comme les athlètes, on fait notre entrée dans les jeux lors de la cérémonie d’ouverture. Avec la fine équipe internationale de notre géniale guesthouse, on avait cherché pendant toute la semaine le meilleur spot pour assister à l’opening ceremony. On a finalement opté pour trois écrans géants dans une rue commerçante, au milieu d’une foule compacte de drapeaux rouges et des incessants « allez la Chine » ou « jungua jihao » (c’est de l’écriture phonétique, je ne sais bien sûr pas l’écrire en mandarin : le mandarin c’est vraiment du Chinois comme l’a encore remarqué une Magali décidément en grande forme !)
Tous habillés aux couleurs de nos pays respectifs, notre international team (République tchèque, Hollande, Brésil, Canada…) a d’abord eu droit à une séance photo hallucinante d’une bonne demi-heure - «please one photo with my baby, one photo with my wife, … » - avant de pouvoir s’asseoir dans la rue devant les écrans pour regarder le début de la cérémonie entourés d’une dizaine de milliers de nouveaux admirateurs !
Fiers comme deux Artabans,
Maga et moi avons dignement fêté l’arrivée sur la piste des athlètes français
en brandissant nos couleurs – voir la video – au final on a vraiment représenté !
Alors bien évidemment, être à Pékin pendant les jeux, même pour trois jours, c’était pas tout à fait un hasard… On s’était donc démené - bon surtout moi en fait… - depuis deux/trois mois pour avoir des places, et au final, après tractations, trocs et aide d’un nouvel ami hollandais on s’est retrouvé avec quatre tickets, ce qui en soi est une forme de performance !
Le premier jour, tour de chauffe avec les qualifications de l’aviron, ce qui nous a permis de nous mettre dans l’ambiance et de pousser nos premiers cris d’encouragement pour nos rameurs. Bon, c’était pas vraiment l’éclate non plus, et on a préféré de loin nos deux autres jours aux JO : qualifications et finales d’épée (médaille d’argent pour Jeannet) et quarts de finales de judo (cinquième place pour la française).
C’est donc avec la voix éraillée par les encouragements et les traits tirés (levés tôt et couchés très tard, on s’est fait de très bons amis là-bas…) qu’on a quitté Beijing pour Shanghai, où tout, toujours, se termine - pour citer le guide du routard qui lui-même cite St John Perse.On n’y a pas fait grand chose, la tête encore à Pékin et un peu aussi déjà dans l’avion du retour…
On y est maintenant, avec bien sûr un petit pincement au cœur mais pas trop quand même, réalisant l’incroyable chance qu’on a eu de pouvoir voyager aussi loin et aussi longtemps.
Ceci
étant, le monde est vaste, et si on en a fait le tour, il nous reste encore je
pense un ou deux pays à visiter… Mais ce sera une autre histoire ! D’ici
là, That’s all folks !

Les commentaires récents